Responsable national Grands Comptes chez  GRDF depuis plus de 5 ans, Élodie Dupray est chargée du développement du Gaz Naturel Véhicule (GNV) auprès des grands acteurs du transport routier et des Travaux Publics.

Dans le cadre de sa mission de promotion du gaz naturel, elle a notamment accompagné Laurent Galle, directeur du Groupe Noblet, dans la transition énergétique de l’entreprise et le développement d’une flotte alimentée en biogaz. 

Focus sur le passage aux énergies alternatives dans le secteur des travaux publics.

“J’accompagne les clients du transport dans leur mobilité au gaz et au biogaz”

Son quotidien est d’accompagner les clients du transport dans leur mobilité au gaz. “Nous avons une mission de service public de promouvoir le gaz. Chez GRDF, notre rôle est d’être facilitateur pour les chargeurs et les transporteurs  qui voudraient rouler au gaz ou au biogaz”, explique-t-elle.

Ce rôle de promotion est accompagné d’un rôle d’aide à la connexion des stations au réseau de gaz. “Il y a près de 200 000 kilomètres de réseau gaz en France. Nous amenons  le gaz sur les stations publiques ou privatives et nous faisons des études économiques. Notre seule mission de terrain, c’est acheminer le gaz et promouvoir son utilisation auprès des entreprises.”

GRDF accompagne actuellement la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) dans la décarbonation de leurs poids lourds et engins de chantiers. “Il y a un travail qui est fait aussi sur le fluvial, le maritime et l’approche chantier, avec les camions qui se rendent sur les chantiers ou en repartent.

L’électrique n’est pas encore une solution mature

Qu’en est-il de l’électrique ? “IDF Mobilités devaient miser sur une flotte composée à 75% d’électrique et 25% de BioGNC, finalement ils vont faire l’inverse.”

Élodie Dupray admet volontiers que l’électrique est aujourd’hui mature pour les petits véhicules, mais elle ajoute que, sur les gros poids lourds, il y a une perte de la charge utile avec le poids des batteries.

De plus en plus de groupes se tournent vers cette énergie. “Tous ceux qui en achètent en rachètent après, ils sont contents de la solution.” Pour le biogaz, il y a une garantie d’origine de chaque mégawattheure qui permet de s’assurer que le gaz utilisé est bien du biogaz issu de la méthanisation et non du gaz naturel fossile. “Aujourd’hui, la méthanisation est plutôt agricole. La France a  fait le choix de tracer l’origine de chaque garantie d’origine dans un registre.” 

L’objectif zéro diesel en 2024 sera difficile à atteindre…

À sa prise de poste, environ 25 stations de gaz publiques étaient ouvertes. “D’ici fin 2021, on devrait arriver à plus de 300.”. Il y a un surcoût à l’acquisition du camion (de 5 à 30%), mais qui est en partie récupéré par le suramortissement fiscal et un prix du gaz moins élevé que le prix du diesel.

Pour les grands groupes du BTP, le plus compliqué, c’est que les camions sont amenés à se déplacer partout en France. Si on sent une accélération des investissements dans les véhicules GNV depuis quelques années, il sera difficile d’atteindre l’objectif zéro diesel en 2024 sur la métropole du Grand Paris.

Noblet, pionnière dans sa démarche d’énergie alternative

Elodie Dupray accompagne le Groupe Noblet dans son passage aux énergies vertes. “J’ai connu Laurent il y a pratiquement 5 ans, au début de ses envies de mobilité vers le biogaz. Il avait besoin de créer des stations. Il a été pionnier dans sa démarche et il a permis aux grands groupes de tester la solution via Noblet.”

“Ce qui est intéressant chez Noblet, c’est qu’ils ont deux stations privatives. Les camions rentrent au dépôt le soir et rechargent pendant la nuit grâce à une recharge lente, il n’y a donc aucune perte de temps. Le remplissage est également meilleur, donc l’autonomie est meilleure avec ce type de station. Avec une charge lente, on  gagne en effet 5% de plein.

Une flotte GNV 100% biogaz

Les véhicules GNV de Noblet roulent à 100% au biogaz. “J’ai aussi accompagné Laurent dans la mise en place de ses contrats d’achat de biogaz auprès des fournisseurs d’énergie. C’est une culture particulière. Il n’est pas simple de comprendre à qui acheter du biogaz et comment quand on n’est pas du secteur.”, détaille-t-elle. 

“Le Groupe Noblet est aujourd’hui reconnu pour sa démarche dans le secteur.”

Dans le monde du TP, il existe une dizaine de stations privatives. “Pour Laurent, aujourd’hui, toute personne qui doit acheter un camion doit se poser la question du gaz ou du biogaz. Il fait de la bonne communication sur les énergies renouvelables.” Et parce que le Groupe Noblet a été leader dans le milieu sur ces énergies vertes, cela inspire les autres acteurs de son secteur d’activité.

Des camions plus faciles à revendre

Il y a encore trop peu de camions au biogaz. Il existe un grand enjeu sur les métropoles avec les ZFE (zones à faibles émissions). Plus tard, les pionniers pourront revendre leurs camions aux plus petites entreprises, alors qu’il sera plus compliqué de vendre les vieux camions diesel.

Le choix de Noblet de penser à l’environnement en proposant une flotte de véhicules verts lui a permis de se démarquer de ses concurrents et d’agir concrètement pour la planète.
En proposant la location de nombreux véhicules et engins propres, le groupe permet à un maximum de chantiers d’être plus écologiques, silencieux et moins polluants.